On the Mozilla Foundation needing “to evolve into a metrics-driven organization”

So apparently, the Mozilla Foundation needs to evolve into metrics-driven organization (related video explanations by Ryan Merkley). This is worrisome.

Limitations of metrics as success measurement

I’d like to step back on what success means. Let’s take the example of a teacher. By measuring what is a teacher considered successful? Good average class grade? Good students mood? Whatever idea you come up with, you’ll have to acknowledge very soon that either it cannot be measured quantitatively (students mood) or if it can (average grade), it has limitations (grades cannot really be compared if applied on different topics, teachers could be tempted to bias their grade to be seen as more successful).

Being a “metrics-driven organization” also means that the mission you’re trying to achieve is reduced to your metrics. I hope I’m not shocking anyone if I say that this is a wrong idea in many ways. Many things are not accurately “metricable”. Acknowledge it and accept it or you’re just being intellectually dishonest.

Metrics done right

Metrics in themselves are not an issue. Metrics are necessary for (at least) two reasons: first, it gives an insight to the outside world on what you do, how your activity evolves over time (not only in the numbers but also in the evolution of the metrics you choose). Second, it’s good for people motivation. Having your success measured and being able to say “we were there, we are here and we moved toward the right direction” is a powerful tool. Also, in periods of doubts, it’s a good thing to have a very concrete answer to “where are we going now?”.

What is an issue though is deciding of a metrics and not being crystal clear on where numbers come from, what their source of bias is, what is the limitation of what is being measured. Having a decent study of this prevents (or at least reduces) misinterpretations.

“Contributors”

It has been decided that there will be one metrics: contributors. Three categories are being considered: coders, templaters, instructors. For each, a brief description is provided. But I’m sorry, even when making a big effort, I can’t figure out numbers based on these vague definitions.

The question is being asked at 26’15”: how do we define a contributor? I doesn’t find its answer in the video unfortunately, while it’s a the core of the issue being discussed. I’ll try to elaborate on the question and get to the specifics: “when do we consider that one person is an additional contributor?”. If never is defined what the definition of “one more contributor” is, then the metrics has no meaning and as a consequence, “being (un)successful” is meaningless as well.

I’m not saying it’s an easy task, but for sure it is a necessary one, so I set up an Etherpad to try to define what a contributor is. Please join the discussion.

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Protéger une idée

Ce post est une réponse à l’article de Séverin Naudet. Une première partie constitue une réponse, la seconde discute d’autres formes de protection de l’innovation.

Réponse

Un débat stérile a trop souvent opposé le logiciel libre à la notion de propriété intellectuelle.

=> Pour reprendre la définition de Wikipedia sur la priopriété intellectuelle, il y a 2 morceaux:
1) “la propriété littéraire et artistique, qui s’applique aux œuvres de l’esprit, est composée du droit d’auteur, du copyright et des droits voisins.”
Cette partie est revendiquée par le logiciel libre. Toutes les licences du logiciel libre se reposent sur le droit d’auteur/copyright pour dire en substance “je possède les droits de cette création et je décide que les conditions de réutilisations du code source sont…”.

2) propriété industrielle, brevets
Cette partie fait beaucoup plus grincer des dents dans les communautés du libre. Un brevet sur un logiciel a autant de sens qu’un brevet sur une preuve mathématique.

Dans le reste de ma réponse, je vais restreindre la définition de “propriété intellectuelle” à la notion de “propriété industrielle”, vu qu’il y a concensus sur la l’autre partie.

Mais la protection d’un capital intellectuel…

L’idée d’origine de la “protection” est intéressante, mais irréaliste, j’y reviendrais. Le fait est que dans trop de cas, les brevets sont utilisés non pour une protection de l’innovation, mais entre grosses entreprises américaines pour se tirer dessus à boulets rouge ou de manière défensive. Il faut bien comprendre qu’une bonne partie du système américain repose sur les procès. Par exemple, des médecins ont des honoraires dans lesquelles sont pris en compte les procés de patients mécontents.
Le même état d’esprit règne dans les grosses entreprises. La relation des entreprises à la justice dans la culture française est très différente.

Malheureusement, si on aimerait que les brevets protègent l’innovation, la réalité est que parfois l’innovation est ralentie par un usage abusif des brevets logiciels.

C’est bien parce qu’une entreprise se sait préservée de la contrefaçon qu’elle peut engager les investissements qui la feront grandir. C’est parce qu’un entrepreneur sait son invention protégée par un brevet qu’il peut s’engager et lever des fonds.

Pour reprendre les mots exacts de la phrase: “un entrepreneur sait son invention protégée par un brevet”. Juste pour clarifier, un brevet ne protège rien en soi. Un brevet est un bout de papier avec des informations techniques et des signatures rangé dans un bureau. Ce qui est sensé protéger, c’est une chance plus grande de gagner un procès contre un potentiel violeur de brevet.

Je me suis, ici, gardé de dire “ce qui garantit une protection”, car il n’y a aucune garantie. Une des raison est qu’il faut prouver que le brevet a été violé, ce qui n’est pas toujours évident. Même si cela est possible, cela demande du temps, de l’argent. Quand une grosse entreprise “vole” une idée à une petite, la petite n’a pas forcément les ressources pour engager un procès. Faire vivre l’entreprise est déjà une activité prenante, rares sont celles et ceux qui prennent aussi le temps de se préparer à des procès (ou ne serait-ce que de déposer un brevet).

Une brevet n’est pas une protection. C’est une éventuelle protection nécessitant de s’engager dans un procès. Je concède que ma définition est plus déprimante que la vision originale, mais elle est sûrement plus réaliste.

Il y a aussi des cas subtiles où il n’est pas sûr qu’un brevet serait vraiment utile pour se protéger.

Comment protéger son innovation?

De tous les entrepreneurs que j’ai rencontrés, aucun ne “savait” que son invention était protégée par un brevet. Ils ont choisi d’autres moyens de protéger leurs inventions que la voie juridique.

“Moi aussi, j’avais eu l’idée d’un réseau social mondial”

XKCD ironise à la perfection sur l’état d’esprit des gens qui sont sortis de “The Social Network” et qui disaient “ah mais moi aussi j’avais eu cette idée”. Oui. Tout le monde a des idées tous les jours. Mais elles ne valent rien. On peut jouer l’autruche en allant créer des brevets, en criant “on m’a voler mon idée”, mais ça n’a aucune importance : une idée non développée, non diffusée n’a aucune valeur.

Une forme de protection plus efficace que n’importe quel brevet, c’est la diffusion. Si j’arrive à diffuser mon idée dans un produit, si j’ai des clients, alors commence ma protection. Les gens commencent à connaître mon entreorise pour ce qu’elle a d’innovant, commencent à avoir confiance dans la qualité du produit ou service qui concrétise cette innovation.

D’autres ont eu l’idée d’un réseau social. Aucun n’a réussi à se diffuser mieux que Facebook. Mark Zuckerberg rafle la mise, rangez vos brevets si vous en aviez.

De manière plus théorique, une idée qui n’est jamais diffusée d’une manière ou d’une autre n’a aucune valeur pour la société. Le simple fait d’avoir eu l’idée ne devrait pas fournir de privilège, même si on a passé du temps à déposer un brevet.

“Mais si le jeu est en JavaScript, on peut me piquer mon code !?”

J’ai récemment assisté à 2 évènements liés aux jeux vidéos sur la web et cette même remarque est revenue à chaque fois. La meilleure réponse a été donnée par Joe Stagner (qui a passé 10 ans chez Microsoft) : il n’existe aucun moyen de protéger l’intelligence de votre application, vous n’avez qu’à regarder le décompileur fournit avec Visual Studio.

La réalité brute pour quiconque un peu au courant de comment fonctionne techniquement un logiciel est celle-ci : vous ne pouvez pas protéger un logiciel dont vous souhaitez une utilisation grand publique.

On pourrait sombrer dans la déprime, mais non. Parce que la vraie innovation logicielle n’est pas dans une version figée d’un logiciel. L’innovation est dans l’inertie. Une équipe de développement connait son produit, a une vision et peut sortir des amélioration beaucoup plus rapidement qu’une équipe neuve qui part d’une certaine version décompilée. La protection de l’innovation vient de la connaissance du secteur et de l’inertie due à la connaissance du produit.

Conclusion

Les brevets logiciels sont un leure un peu déconnecté de la réalité. Mais l’innovation n’est pas morte pour autant, parce que les innovateurs ont trouvés d’autres moyens “naturels” de se protéger : en convaincant d’autres du caractère innovant de leurs idées, en acquérant une expertise non-copiable, en sachant s’adapter aux besoins changeant, en concrétisant leurs idées dans des produits et services de qualité.

J’ai plutôt un avis négatif sur les brevets logiciels, mais pas tellement pour ce qu’ils sont. Je suis plus embêté par la fausse promesse de protection qu’ils procurent et le détournement du débat sur ce qui devrait faire la protection d’une invention à savoir la preuve de sa qualité par sa confrontation au publique et l’inertie due à l’expertise dans le domaine.